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Dernière ligne droite du road trip australien ! Nous quittons Broome et Emilien pour gagner le Northern Territory.
La route fait apparaitre nos premiers Baobabs…
…et pas mal de feux de bush naturels, témoins de l’aridité des paysages.
Il y a toujours le risque de percuter une vache, les troupeaux circulant librement sur d’immenses superficies. On voit parfois un cadavre de vache,
avec un cadavre de voiture juste devant. Par contre, les « road trains » qui les percutent ne les sentent pas, (ou presque !) et comptent les points !
Fréquemment, un Dingo traverse ou longe la route, souvent chétif.
Nous stoppons le van au parc national des Geikie Gorges. Les falaises de calcaire abritent les nids d’hirondelles ariels et les berges sont bondées de Crocodiles de Johnston se chauffant au soleil.
Un Milan à queue carrée nous survole, le seul du séjour…
L’aire de repos Mary’s Pool est idéale pour un stop sur la route. Avec le soleil tous les jours, les fleurs s’épanouissent partout…
… Ce dont profitent les Méliphages flavescents.
Le gouffre profond de The Grotto permet à Max une petite baignade sous les yeux curieux d’un gros varan et des Milans siffleurs.
Dans la petite bourgade de Wyndham se cache le crocodile le plus gros du monde !
Les enfants aborigènes viennent essayer nos jumelles…
…et repeignent le van « à la main » !
Nous faisons un tour dans les marais de Parry’s Lagoon, juste à côté, qui regorgent d’oiseaux d’eau.
Hérons pies, Canaroies semipalmées, Grèbes australasiens ou Anhingas pataugent sous la surveillance du maître nageur, le kookabura à ailes bleues
En soirée, on assiste au coucher de soleil depuis le point de vue donnant sur les fleuves de la region de Wyndham
Parvenus à Kununurra, nous retrouvons Gaelle et Charles, qui s’installent pour travailler un mois. La ville est réputée pour les chercheurs d’emplois, car située en région très fertile, des fermes fleurissent tout autour. Mais nous, on bosse pas, on se promène ! La ville est pleine de fleurs et de bestioles, dont de nombreux lézards, Cacatoès banksiens… Les bassins attirent des centaines de Dendrocygnes d’Eyton…
La region est excellente pour les diamants, des petits oiseaux colorés qu’on apprécie pas mal en cage en Europe ! Diamants phaétons, Diamants à longue queue, Diamants de Bichenov…
Gaelle a déjà trouvé un job en 2 jours, mais Charles cherche toujours. Du coup, lui seul nous accompagne au lac Argyle pour la journée.
Sur l’aire de pique nique, on découvre le « bower » du bower bird. Cet oiseau étonnant récupère toute sorte d’objet de couleur blanche, (plastique, os, bouchon de bouteille, lingette…) pour décorer son « nid de parade » et séduire une femelle par ses talents d’architecte. D’ailleurs, si le bower ne lui plait pas, la femelle détruit tout…
Sur le chemin du retour vers la ville, nous observons une femelle de Croco de Johnston et son petit à 2m de nous, juste séparés par un chenal. Frissons garantis lorsque la femelle , agacée que l’on soit trop près de son petit, s’immerge sans un bruit pour resurgir de l’eau à un mètre de nous !
Nous quittons nos normands à Kununurra, à la limite des Northern Territories. Nous aurons traversé ensemble le Western Australia, le plus grand des états d’Australie, avec un immense plaisir.
En route pour Katherine, le long de la vallée de la Victoria River.
Tout juste arrivés, on s’installe dans l’aire de pique-nique et baignade de la ville.
D’ailleurs, c’est ici même que le van nous fait sa dernière blague : le tuyau servant au chauffage ou à l’air frais fuit comme il faut,
laissant de grandes flaques d’eau sous le châssis à l’arrêt…Ca ne nous arrange pas des masses, puisqu’on aimerait vendre le van une fois arrivés à Darwin… Ainsi, un garagiste nous déconnecte le
« heater », afin d’éradiquer complètement le problème. Rassurez vous, ce sera notre dernière dépense mécanique !
(le pare-brise, c’est pas mécanique !)
De nouveau piétons pour quelques heures, nous faisons connaissance avec la population locale : les villes du Northern territories sont peuplées de communautés Aborigène différentes de celles du Kimberley, et on note des différences dans les traits des visages. On a le sentiment que le mélange des cultures se passe un peu mieux par ici.
Les Edith falls, dans le parc national de Nitmiliuk, assurent une baignade rafraichissante à souhait, sous le regard des nombreux oiseaux : Myzomèles à collier, Méliphages à oreillons bleus et à gorge blanche, Siffleurs ichtong..
Ces petits lézards chassent juste à nos pieds
Au détour d’une promenade en solo, Anne Laure observe un loriot à dos olive victime de sa gourmandise : venu piller le garde manger d’une
araignée, il se prend complètement dedans, sans pouvoir s’en dépêtrer. Anne Laure le tire de ce piège, et lui indique une autre enseigne, moins périlleuse, à quelques branches de
là.
Nous poursuivons notre route, vers les portes du fameux Kakadu National Park ! A peine sommes nous arrivés, que nous croisons Jol, ranger du parc, bloqué par sa voiture qui ne démarre plus. Après l’avoir véhiculé jusqu’à la station des rangers, quelques 20km plus loin, ce dernier, reconnaissant, nous offre un repas de gala : curry d’un buffalo du Kakadu (toute une population échappée des troupeaux pullule dans le parc, détruisant beaucoup sur son passage) et le sunset sur les falaises derrière la station.
Nous quittons notre hôte le lendemain matin, pour prendre la piste cahoteuse vers les chutes de Gunlom et chahuter encore un peu notre van.
On se baigne dans des piscines naturelles paradisiaques, aux eaux limpides, même si le panneau à l’entrée n’inspire pas confiance
Après la marche pour monter, le point de vue à 500m au dessus offre les plus beaux bassins, au sommet des petites chutes. La grimpette vaut vraiment la peine !
Outre l’habituel varan qui partage notre piscine, plusieurs geckos trainent alentours
Les forets du kakadu abritent au moins six espèces de Pythons. Aucune ne sera visible, en revanche Max lève une sorte de couleuvre
Les marais des Yellow Waters abritent bon nombre d’oiseaux d’eau, dont ce petit martin pêcheur à dos bleu
Leur appellation prend tout son sens au coucher du soleil
Et le soir venu nous retrouvons Jol au pub de Goïnda. Ranger, mais aussi musicien, il assure le set tout seul, avec talent, trois soirs par semaine.
Petit clin d’œil pour nous : il joue Santeria, de Sublime quand il nous repère sur la terrasse !
Les rochers sacrés d’Ubirr nous réconcilient avec l’art Aborigène. Des gravures, estimées à 20 000 ans pour les plus anciennes, et a quelques centaines d'annees pour les plus colorées et les mieux conservées que nous voyons, représentent des Barramundis, tortues d’eau, varans et wallabies, trophées de chasse habituels.
Esprits et divinités sont également représentés ; sur la photo qui suit, la divinité aux longues antennes est le dieu du tonnerre.
L’arrivée des premiers colons blancs marque l’apparition de bonhommes dessinés les mains dans les poches fumant la pipe, ou armés d’un fusil
Et on y voit même le témoignage de la présence des Thylacines (le Loup de Tasmanie), disparu du continent il y a 5000 ans environ (parallèlement à l’introduction des dingos).
Les aborigènes ne choisissaient pas les sites les plus moches pour s’installer ! Ubirr..
..Nourlangie..
Outre les oiseaux, le Kakadu est réputé pour l’observation des Crocodiles estuariens, les plus gros de la planète. Une douzaine d’entre eux pêchaient le barramundi dans l’east alligator river, impressionnant !
Les dortoirs de roussettes font brailler les arbres
De nombreuses espèces de libellules patrouillent le coin, dont celle-ci
Assez pressés d’arriver à Darwin pour avoir suffisamment de temps pour vendre notre van, nous quittons le Kakadu après seulement deux jours. En route, on fait halte au Fogg Dam, zone humide extrêmement importante pour les oiseaux d’eau. Les nénuphars font un refuge parfait pour les dizaines de Jacanas à crête et d’Anserelles élégantes.
Le long de la route, les jeunes Glaréoles isabelles se décalent juste ce qu’il faut pour laisser passer les voitures
On arrive en vue de Darwin dans l’après midi !
La ville ne cesse d’augmenter, entièrement reconstruite après l’ouragan de 1973.
C’est une des villes que nous avons trouvé les plus agréables d’Australie, mais nous n’y avons pas connu la saison des pluies, durant laquelle le taux d’humidité de l’air atteint 100%.
Il nous reste 17 jours pour vendre notre van, sans quoi nous risquons d’être en retard pour un rendez-vous le 20 aout en Malaisie… Mais un petit problème apparaît bien vite : il y a beaucoup plus de vendeurs que d’acheteurs ! On hésite à filer sur Cairns, mais le problème semble être le même là bas. Sydney et Melbourne semblent de loin les meilleurs options pour retirer pas mal d’argent d’une vente. Tant pis, on va tenter le coup ici, cela va bien finir par se décanter ! En attendant, on passe quasiment toutes nos nuits au port, gratos, profitant en plus des douches chaudes des pêcheurs !
La bibliothèque et l’accès gratuit à internet se trouvent dans le bâtiment du parlement, que du coup nous visitons presque tous les jours !
De même, la plage de Mindil beach fait partie de nos pérégrinations quotidiennes… C’est là que tout le monde vient observer le coucher de soleil, surtout les soirs de marchés
Mais pour se baigner à l’abri des méduses mortelles et des crocos, on préfèrera la petite plage protégée par des filets, ou la piscine à vague !
Ou alors, s’il faut aller à l’eau, c’est à bord du bateaubus, un étonnant bus requin qui tout d’un coup fonce dans la mer et se transforme en bateau !
C’est aussi à Mindil Beach que squattent des dizaines de van, dont la french mafia, qui font s’arracher les cheveux aux rangers. Indélogeables, ils font la fête presque tous les soirs sur le parking, et comatent le reste de la journée. Kim, avec qui on avait passé une dizaine de jours en Tasmanie et que nous retrouvons avec plaisir, voyage avec une partie de la bande et est donc de la partie tous les soirs !
Quelques aborigènes se joignent à la bande, pour boire de coups et jouer du didgeridoo (oui oui, les français se sont tous fait une crête, et du coup Marcus y a du droit aussi… pas très apprécié par sa famille paraît-il !)
Mindil beach est surtout célèbre pour son incroyable marché nocturne, qui a lieu le jeudi et le dimanche.
Tout est bon pour se faire des sous, et deux troubadours français chantent du Noir Désir, Renaud, Wriggles, Dutronc, en plein marché, et ça paye !
C’est devant leur spectacle que l’on retrouve Julie et Julien Bottinelli, en voyage de noces en Australie ! Cela fait 2-3 semaines qu’ils sont dans le pays, et leur passage à Darwin coïncidait avec le notre, super !
Ensemble, on se balade dans le jardin botanique, à la recherche vaine de la Ninoxe rousse…et puis aussi parce que c’est beau. Les Ibis d’Australie s’invitent au pique-nique, les Tadornes radjah prennent leur bain à l’ombre, les Martins-chasseurs forestiers se gavent d’araignées et les Carpophages argentés se régalent dans les palmes.
On prospecte ensuite les mangroves, pleines d’embuches !
Julie et Julien repartent le lendemain pour Cairns, tandis que nous, ben… on attend ! A peine un coup de fil tous les deux jours pour le Van, quasiment pas de visites.. Heureusement, il y a de quoi s’occuper à Darwin ! C’était probablement la bonne ville à nommer en l’honneur du célèbre naturaliste, car peu d’autres endroits font aussi bien cohabiter biodiversité et urbanisation. Sur les pelouses, en pleine ville, les Mégapodes de Reinhardt grattent les feuilles mortes…
Le long des côtes rocheuses, l’Œdicnème des récifs se repose à marée haute en compagnie des Vanneaux soldats, ces derniers abondants sur le moindre rond-point.
Les Sphécothères figuiers passent en grand groupes d’un arbre à l’autre, les Méliphages à gorges blanches sont partout
Les Langrayens à ventre blanc forment des grappes sur les fils et les pylones
Et dans la réserve d’East Point, qui protège une petite forêt de mousson en ville, outre les nombreuses Rhipidures du Nord, on ne trouve rien de moins que des Brèves iris !
En soirée, sans parler des engoulevents qui survolent les environs, les Oedicnèmes bridés patrouillent sous les lampadaires et les possums (northern brush-tailed) descendent tous des arbres , curieux et trouillards
Evidemment, il y a toujours des petits malins pour mettre à profit la biodiversité locale, quand ce ne sont pas carrément des bracos qui se font passer pour des protecteurs des reptiles, et font payer les gens pour tenir serpents ou crocos dans la rue…
Puisqu’on pale d’arnaqueur, devinez qui nous rejoint ? Bah oui, Emilien, l’as de la vente, le king du backpack, le cador de la mode, revenant juste d’un périple en 4x4 dans le Kimberley !
Ensemble, on part découvrir un peu les alentours proches de Darwin. Les forêts d’Holmes Jungle et d’Howards Springs, où l’on croise cette belle araignée (Gasteracantha westringi) , pas mal de lézards..
Le Barrage de la rivière Darwin
Les Berry Springs, hot spot de la baignade, où une intrépide australienne s’est fait gentiment croquer par un jeune croco deux semaines avant
En se promenant le long des plages à Casuarina, dans Darwin, trois pêcheurs sortent un énorme poisson guitare, sorte de raie-requin (mais de la famille des premières, contrairement à ce que nous indiquent les pêcheurs). Une idée de l’espèce ?
A Darwin, c’est le gros squat des aborigènes sur les pelouses et aires de pique nique. La plupart ont un campement, vivent dehors en ville. Ils sont toujours adorables avec nous, mais pas franchement tendres entre eux, se hurlant dessus et s’insultant à tout bout de champ. Evidemment, la plupart des aborigènes qui se trouvent dans Darwin sont ceux ayant été exclus de leur communauté pour une raison ou une autre. En plus d’être déracinés et loin de leurs proches, ils tombent dans l’alcool. Comme dans le Kimberley, une stricte loi régissant la vente d’alcool dans la région sévit afin de restreindre autant que possible la consommation excessive des Aborigènes. C’est vraiment triste à voir, et loin d’être un phénomène marginal, la clochardisation des communautés Aborigènes est une réalité, et l’alcoolisme général (hommes, femmes, jeunes et moins jeunes) un véritable poison à endiguer.
Le festival de la ville de Darwin débute ce 12 août, et un concert d’ouverture gratuit est organisé au Jardin Botanique. Des groupes aborigènes ont la vedette, et beaucoup de communautés alentours ont été invitées par l’occasion (dont ceux de l’île Tiwi ; Max aura le privilège de rencontrer les sista-girls qui font la célébrité de l’île , travestis aborigènes !). Y en a qui se lâchent sur la danse !
De notre côté, une fois notre stock de peintures écoulées, on décide de profiter de ce séjour à Darwin pour gagner un peu d’argent. Anne-Laure donne quelques cours d’Anglais à une française..
Quant à Max, un business fleurit pour les backpackers en centre ville : les pédicabs ! On avait été assez surpris à notre arrivée de voir des midinettes à vélo tirant de gros costauds assis sur leur petite banquette à l’arrière ! Il suffit en fait de louer le vélo au patron, et de se faire ensuite payer à la course. Entre 22h30 et 5h du mat, horaires de Max (et interdits pour les filles !), ça payait plutôt pas mal, jusque 200 dollars en une nuit, certains clients offrant 30 dollars pour faire 3-400 mètres… L’Australie, le dernier pays où les gens dépensent sans (trop) compter ?
Et puis ça y est, pas mal d’autres vans ont été vendus, à des prix généralement bien plus faibles que ce qu’en attendaient les vendeurs, et la configuration commence à être meilleure. Nous avons plusieurs visites par jour, et on peut commencer à faire jouer la concurrence. Finalement, c’est un couple d’Italien qui nous le prend, pour 3900 dollars (on l’avait acheté 4000), après une tentative (échouée) de négociation un peu osée de leur part au dernier moment !
On passe notre dernière soirée avec Emilien à East point : on est le 18 août, et dans deux jours, nous avons rendez-vous avec Julz à Kuala Lumpur… Juste à temps !
La sempiternelle carte de notre trajet en Australie (hors Tasmanie) depuis le retour de Nouvelle Zélande, pour terminer ! Et Ciao les kangourous !