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Nous voici au Laos, avant-dernière grande étape du voyage !
Arrivés au poste frontière du pont de l’Amitié, depuis la Thaïlande, nous entrons dans le pays par sa capitale, qui a l’originalité de se trouver le long de la frontière, et donc complètement excentrée du reste du pays.
Nous avons rapidement un coup de cœur pour Vientiane. La ville est à échelle humaine, sans grands buildings, l’ambiance est sympa. Et surtout… pas de circulation, ou presque. Unique, pour une capitale d’Asie du Sud ! Il faut dire qu’il n’y a que 750 000 habitants (pour 8 millions au Laos)
Outre l’architecture, les français (qui avaient reconstruits cette ville entièrement détruite par les Siams, au 19ème siècle) y ont laissé une partie de leur tradition culinaire. Pour notre plus grand plaisir, après des mois de voyage ! On squatte ainsi pas mal la terrasse du Banneton, café-boulangerie favorite des expats du coin, qui viennent vivre leur vie de quartier, dégustant des pâtisseries et sandwiches n’ayant rien à envier à la plupart des boulangeries de l’hexagone, sous le ciel bleu qui n’a presque jamais terni durant notre séjour ici.
Ainsi, nous débutons nos journée par un bon café-croissant, craquons pour le magret de canard à la mangue, les sandwiches baguette et bien sur, la vache qui rit ! :)
Rien d’extraordinaire sinon dans la ville : c’est juste l’ambiance générale qui est agréable. Il y a quand même de jolis temples, garnis d’offrandes.
On croise beaucoup moins de Moines qu’en Birmanie (les communistes ne les ont pas franchement encouragés à rester). Mais ils sont un peu mieux équipés :-)
Autre monument, le Patuxai, l’Arc de Triomphe local, dédié aux victimes des combats pour l’indépendance pendant l’occupation française.
Pour ne rien gâter, la ville est bâtie sur les rives du Mékong, juste en face d’un grand îlot sableux… apprécié par les limicoles, dont les jolies Glaréoles lactées, qui nous survolent alors qu’approche l’orage..
C’est d’ailleurs dans un bar rugby au bord du Mékong, bondé d’expats, que nous assistons à la finale du mondial, dans une ambiance bien franchouillarde, mais sympathique !
Une petite promenade en moto dans les alentours de la ville, entre jeunes forêts sèches et jolies rivières, permet d’observer quelques oiseaux communs, comme la Prinia roussâtre et le Soui-manga à joues rubis. On rencontre aussi quelques Gobemouches bruns hivernant.
Un pénible trajet de bus nocturne nous amène à Luang Prabang, la principale ville du Nord Laos. Les routes sont réputées mauvaises dans cette partie du pays, mais les intempéries estivales n’ont rien arrangé. Nid de poule sur nid de poule, pas moyen de fermer l’œil. Le lecteur Mp3 devient alors un allié fort appréciable ! :-)
Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, Luang Prabang est dans toutes les bouches des voyageurs au Laos, célèbre pour son architecture coloniale et ses nombreux temples.
Le Wat Xieng Thong est le plus renommé d’entre eux…
Du haut du Phu Si, la colline qui coupe la ville en deux, on peut se faire une bonne idée du panorama alentours
Hélas, on trouve que la ville pâtit un peu de son statut « Unesco » : on y croise plus de touristes que de locaux, et plus qu’un patrimoine protégé, la ville est un peu devenue une succession de guesthouses et de restaurants.
Le marché nocturne est un attrape-touriste, tout les stands se ressemblent, avec des marchandises probablement majoritairement chinoises !
Mais la ville demeure agréable, avec plein de petites ruelles, des stands de nourriture un peu partout, notamment ces délicieux gâteaux de noix de coco que l’on savoure depuis la Malaisie !
Et non loin, on accède à un grand dédale de chutes d’eau (Kuang Si), parfait pour se rafraichir un coup !
Pour changer un peu du bus, on décide de rallier Nong Kiaw en 7h de bateau, en amont de la rivière Ou. Assis sur de petits tabourets en bois les uns derrière les autres, le voyage en longboat n’est pas vraiment une croisière, mais le paysage est superbe, et les fréquents rapides animent un peu plus la navigation.
Peu d’oiseaux le long du trajet, à part quelques Crabiers chinois, entre autres
Mais toujours pleins d’enfants qui courent (souvent à poil) le long des berges et nous lancent d’enthousiastes coucous !
On ne fait qu’une courte escale dans le sympathique village de Nong Kiaw, construit de part et d’autre de la rivière Ou, le temps d’une nuit et d’une petite ballade dans la brume matinale…
… avant de reprendre un bateau pour le village de Muang Ngoi, 1h30 en amont, encore plus petit, et à l’abri des routes, où l’on passe trois jours tranquilles à se reposer et se promener.
Les alentours sont constitués de forêts sur karst, souvent très escarpées, avec plusieurs grottes à découvrir, tandis que les vallées abondent en rizières, autour desquelles s’organisent de petits villages. Au terme d’une très chouette marche, nous découvrons Ban Ha et Sansanock.
Le tourisme n’est pas développé depuis très longtemps, mais n’a pas tardé à devenir une manne importante de revenus pour la population, très opportuniste en la matière. Du coup, même dans ces petits villages isolés fleurissent des homestays, de petits restaurants… Etonnant !
Les papillons pullulent autour de nous, ils ont bien du bol de ne pas figurer au menu des Laotiens !
En effet, autour de nous, et de manière générale au Laos, très peu d’oiseaux, ou bien tellement farouches, qu’on a du mal à en voir lors de nos balades…Il faut dire qu’ils sont la cible des lance-pierres des gamins (comme ce pauvre Drongo) qui jouent ensuite avec jusqu’à les tuer… On a aussi vu plusieurs filets destinés à capturer petits oiseaux et chauves-souris…
Les écureuils aussi se planquent, car ils sont la proie privilégiée des chasseurs. Celui ci finira surement en soupe…Et pourtant les poules, cochons et vaches abondent dans les petits villages, simplement, les habitants les gardent « pour plus tard »… (et il n’y a pas de frigo)
Un petit monsieur tresse le bambou dans Ban Ha. Nous restons un petit moment à le regarder travailler, entre deux rasades de Lao-Lao, la liqueur de riz locale.
Les enfants nous réservent toujours un accueil chaleureux et amusé…
En fin d’après midi, les parties de Sepak Takraw sont toujours aussi appréciées (et acrobatiques !)
Retour à la nuit à Muang Ngoi, à slalomer entre grenouilles et crapauds en tout genre.
Puis nous quittons la rivière Ou pour nous enfoncer dans les hauteurs de Luang Namtha, à la rencontre des ethnies Yao et Akha qui peuplent la région. Avant de partir en rando pour 2 jours, nous achetons de la nourriture au marché de Luang Namtha. On y retrouve nos grenouilles, solidement embrochées sur une tige de bambou par la cuisse... L’influence chinoise voisine y est surement pour quelque chose, car ici, on mange de tout !
Celui-là, par exemple, pourrait peut-être aussi bien se retrouver sur un marché !
Pendant la rando, qui traverse la zone protégée de Nam Ha (malheureusement largement déforestée, et où les coups de feu ne sont pas rares) nous passons la nuit à Nam Luang, un village Akha – minorité également présente dans l’est de la Birmanie.
Les femmes Akha portent de superbes coiffes ornées d’argent (parfois de vieilles pièces de monnaie françaises du début du 20ème siècle !).
Les enfants sont toujours les plus curieux…
Les adultes travaillent aux champs toute la journée, d’ailleurs, l’école du village est fermée en cette période de récolte, car l’unique instituteur donne aussi un coup de main à la pate.
Comparés à d’autres villages croisés autour de Luang Namtha, ceux des Akhas nous semblent incontestablement plus rudimentaires. Beaucoup de jeunes enfants accourent en haillons, réclament des stylos, et portent les tristes symptômes de la malnutrition : ventre anormalement gonflé, perte des cheveux… Particulièrement ici, dans cet autre village, que l’on accède après une heure de moto depuis Luang Namtha.
Les animaux domestiques pullulent partout, ce qui mène à certaines amitiés improbables !
En revanche, les minorités Yao que nous rencontrons autour de Muang Sing nous paraissent moins démunies. Peuplade des collines, le vêtement traditionnel est encore porté par les vieilles femmes : une tunique indigo habillé du rouge vif d’une épaisse écharpe de laine, superbe. Un gros turban indigo brodé de motifs précis orne leur tète.
Des dizaines d’ethnies différentes vivant sur le sol laotien, les Yaos sont les seuls qui aient développé une écriture, créée d’un alphabet incluant en partie des caractères chinois. En passant devant l’école, on n’entend pas les enfants répéter les paroles du prof à l’unisson… Plutôt bon signe !
Même si les plus jeunes ont adopté des vêtements « à l’occidentale », plus isolants du froid des montagnes, les bébés sont encore affublé
d’un bonnet à pompons fantastique !
… Il est possible que Max lance une nouvelle mode, très tendance pour notre retour hivernal !
Puis nous quittons les collines boisées, pour descendre plus au sud, à Huay Xai. L’idée est de rentrer sur Luang Prabang en deux jours de bateau sur le Mékong.
Quelques oiseaux en route, dont de beaux groupes d’Hirondelles rousselines en migration venant boire sur le fleuve en soirée
A nouveau de superbes paysages de falaises karstiques recouvertes de végétation, s’élevant de façon abrupte du Mékong vers le ciel.
Nous arrivons à Luang Prabang au crépuscule, et repartons le lendemain vers Vientiane (bus en journée cette fois ci !)pour entamer notre descente vers centre et sud Laos.
On part pour le centre du Laos en direction de Ban Na Hin, à travers de magnifiques massifs karstiques
Petit village relax, les hommes y refont le monde autour de longues parties de pétanque, une autre tradition cocorico qui a perduré !
Ban Na Hin est proche de la fameuse grotte de Tham Kong Lo. Elle abrite l’une des plus longues rivières souterraine du monde : 7km de long sous la montagne, reliant deux petits villages de part et d’autre. On parcourt le trajet dans les boyaux obscurs de la grotte, dont la hauteur de plafond peut atteindre près d’une centaine de mètres.
Pour s’y rendre, nous empruntons à moto une route traversant le plus beau paysage de notre séjour Laotien !
Cet endroit nous plait bien ; les habitants sont très accueillants (un peu plus qu’ailleurs au Laos !), les forets sont belles, et dans les falaises karstiques vivent de bien curieux oiseaux : le Bulbul chauve, ou Bulbul de Khamouanne, unique espèce endémique (et non chassée ! ) du Laos, décrite officiellement seulement en 2008 !
Autre spécialité du coin, la Timalie de Herbert (un nom aussi pourri que la photo !). Il y a pas mal de Pouillots de schwarz hivernants.
Depuis le point de vue non loin, on assiste avec quelques macaques, au coucher de soleil !
Les proprios de notre guesthouse nous proposent de nous emmener avec leur pick up jusqu’à Tha Kaek, notre prochaine étape. Nous acceptons, et embarquons sans le savoir au beau milieu d’une réunion familiale…
Lorsque le pick up tourne en direction de la Thailande, on commence à se demander si l’on s’est bien fait comprendre ! En fait, la famille se rendait à l’inauguration d’un nouveau pont de l’Amitié, frontière entre la Thailande et le Laos ! Du coup on se joint à eux avec plaisir. Ils se sont tapé 3h de route aller pour assister à ça, c’est dire si cela est encore symbolique aujourd’hui !
Beaucoup se sont déplacés pour l’événement (et surtout pour la grande fiesta organisée non loin du pont !), et du coup, tous les hébergements de Tha Kaek sont pleins ! Nous passons donc une ultime nuit sous la tente, derrière la gare routière, histoire de prendre le premier bus demain pour Pakse.
De Pakse, notre trajet se poursuit jusqu’à Tat Lo, vers les plateaux du Bolaven, réputé pour ses plantations de café. La petite localité de Tatlo est charmante mais très axée sur le tourisme, et nos balades s’articulent autour des chutes d’eau des environs.
Puis nous poursuivons notre descente dans le sud du Laos vers les 4000 iles, en faisant néanmoins un crochet par Kiet Nong, le village aux éléphants… Le Laos est appelé « le pays au million d’éléphants ». Ce serait dommage de quitter ce pays sans en voir ! Or, il est impossible de partir à leur recherche en foret, sans participer à un tour organisé, et bien encadré et onéreux… Kiet Nong est un village qui a toujours « fonctionné » avec des éléphants : les mahouts les domptaient pour les faire travailler comme bêtes de somme dans les forêts
Remplacés petit à petit par les machines agricoles, les grosses bêtes se sont retrouvées au «chômage technique ». Afin de les occuper à nouveau, un programme d’écotourisme s’est mis en place, et il est possible de faire une balade à dos d’éléphant pour gravir le Phu Asa, colline qui surplombe le petit village. Nous l’avons fait… Une erreur, car on s’est vite rendu compte que les éléphants du village sont mal traités, sous alimentés, et qu’il n’y a aucun attachement visible entre le Mahout et sa bête, si ce n’est lucratif… Très dommage.
Cepnedant, Kiet Nong en lui même est un charmant petit village rural, et les marais non loin attirent bon nombre d’oiseaux.
Et on y retrouve nos gros geckos à points rouges, au cri tellement marrant !
Nous quittons Niet Kong, et poireautons 3h30 au bord de la route principale, en attendant le bus ou le pick-up qui nous emmènera sur Don Det, dans l’archipel des 4000 iles. Arrivés à la nuit, nous découvrons les splendeurs de l’île, sa voisine Don Khon, et les impressionnantes chutes d’eau du Mékong à vélo le lendemain.
Nous serions bien restés un peu plus longtemps sur les îles, malheureusement, notre visa laotien expire. Nous passons la frontière du sud Laos vers
le Cambodge (non sans nous se heurter à la corruption générale sortie Laos et entrée Cambodge, épique !), heureux à l’idée de découvrir le dernier pays de notre long périple. De plus, nous
avons un rendez vous d’importance à Phnom Penh, puisque Tiphaine et Nicolas arrivent pour partager ça avec nous !